« Nos grands sujets de philo de terminale ! | Page d'accueil | LES SECTES... »

21/02/2007

Je ne serai jamais son Dustin Hoffman...

L’autre jour, je suis allé au cinéma avec une amie qui avait amenée une autre amie. Il est vrai que l’autre ami avait – disons une petite dizaine d’années de plus que moi- mais qu’importe « l’amour ne compte point le nombre des années » ou « quand on aime on a toujours 20 ans » ou « God bless you please Mrs Robinson ». Toujours est-il qu’elle était magnifique, elle m’a rappelé la jeune fille magnifique qui habitait juste au dessus de chez moi quand j’avais 18 ans et que j’avais malencontreusement réveillée en pleine nuit – étant très légèrement alcoolisé- le jour où j’avais perdu mes clefs en soirée et que j’ai sonné chez tous les voisins pour qu’ils m’ouvrent la porte et que ladite jeune fille ayant été réveillée en sursaut est tombée je ne sais plus comment et s’est plus ou moins cassée la jambe…Je la croisais ensuite quelques fois dans l’escalier avec son plâtre (oui car elle habitait au 4ème sans ascenseur – ce qui a le mérite d’inscrire la blague dans une certaine continuité), je la doublais en gravissant les marches deux par deux (à l’époque je pouvais encore monter les escaliers en courant sans appeler immédiatement SOS Asphyxie) et lui lançais un : « Bonjour, vous allez bien ? » - Elle me fixait généralement d’un regard plus noir que mes Reebook Pat Ewing de 5ème et ne me répondait pas. J’avais compris que je ne l’attendrai jamais au bout de l’allée centrale d’une vieille Eglise romane en la regardant tendrement pendant que son père l’accompagnerait à l’hôtel…Notre amour avait été noyé dans l’œuf pour une sombre histoire de 35 vodka-pommes bues en 10 minute dans un Internet-café, vous imaginez ? Puis-je aujourd’hui valablement porter plainte contre Smirnoff et lui demander des dommages et intérêts pour perte d’une chance ?
Mais bon là, au cinéma, je suis arrivé Nickel-Chrome comme disent les gens qui veulent faire jeunes alors qu’ils ont mille ans à peu près – j’ai sorti le grand jeu – blagues à la Didier Gustin (l’imitation en moins – donc l’intérêt ?!!), coupe de cheveux Valstar à la Elvis Costello, petite veste en velours à la Steevy Ray Vaughan et mocassin italien blanc crème à la Végas dans Street Fighter (quand cet enfoiré de Végas est sur son grillage et qu’on ne peut pas l’atteindre et qu’il vient sporadiquement mettre un petit coup de latte avec son mocaï dans le doux visage de mon Blanka tout gentil)… Comme elle sort d’une rupture sentimentale avec un péruvien pédophile shooté au crack et alternant séjours en taule et en cure de désintox, je me suis dit que j’arriverai bien à lui vendre quelque chose…Mais non, la jeune demoiselle (jeune demoiselle macash ouai) ne parlait que de ça, qu’elle allait espionner sous ses fenêtres, elle lui envoyait des textos, elle gloussait comme Régine chez Moët et Chandon…bref insupportable…). Voyant que le grand amour avec une presque-quadragénaire hystérique m’échappait, je me concentrais sur le film qui allait certainement me donner du baume au cœur…Bien sûr oui, Edith Piaf (ou tout du moins Marion Cottillard grimée en Edith Piaf) alternant cuites, défonces à la morphine et séjour à l’hôpital en attendant qu’on arrive à retrouver ce qui reste de la dépouille de Marcel entre le hublot du siège 48 et un gilet de sauvetage, je passerai sur le fait qu’elle ait eu un fils qui est mort à 4-5 ans et dont elle ne sait jamais occupée…Zola à côté c’est « OUI-OUI et la Baguette magique », j’en avais la larmichette à l’œil pendant que j’entendais Poupoule couiner comme un cochon de lait en lisant ses textos…A la fin la salle a applaudit (je ne comprendrai d’ailleurs jamais pourquoi les gens applaudissent au cinéma – ou alors il faut également le faire devant sa télé, son Amstrad PC 6128, sa Vectrex et son minitel – oui je me suis arrêté de vivre à la finale perdue par Leconte en 86)…pendant que je me faisais Hara-kiri avec une banane sur le parking du Gaumont ; puis je me suis relevé avec mon pull en laine d’Ecosse tout tâché et suis parti en courant tel « Phantom of the Paridise » en hurlant à qui voulait l’entendre que je reviendrai savourer ma vengeance…je crois qu’elle n’a pas entendu – elle était au téléphone…Bye Bye « Mrs Robinson »…de toute façon ça aurait été trop compliqué hein ? Non je disais ça aurait été trop compliqué, non ? Tu crois pas ? Non vas-y termine ta conversation…oui oui j’attends…Ah voilà je disais ça aurait été trop compliqué ? De quoi ? Ben tu sais…tout ! Tout ça…quoi ! Comment ça tu vois pas de quoi je parle…euh ben de rien…bonne soirée…GGrrrhhh Arrrrghhr !!

Les commentaires sont fermés.