22.01.2009

La première fois que j'ai tué un homme.

« Je l’ai suivi. Je crois qu’il ne m’a pas vu. Il avait son long manteau beige et une casquette de vieux. Même de dos il m’agaçait. Surtout de dos même. Vu ce qu’il m’en avait fait baver cette ordure, sans oublier qu’à cause de lui j’ai failli finir en taule et pour un paquet de piges en plus. Son dos a l’air de s’en moquer de tout ça et son putain de béret de vieux avec. Il est là tout buté dans son manteau à 3 bâtons et marche tranquillement pour retrouver je ne sais quelle radasse dans un hall de palace quelconque. Il a un dos à avoir réservé une bonne table en plus ce con. Une fois il m’avait emmené béqueter à « L’Arpège », il avait ses entrées là-bas et se faisait saluer bien bas par Alain Passard. Nous avions mangé divinement et avions bu un Château Cheval Blanc 86 en entrée et un splendide Cornas derrière, je me souviens qu’avec la coupe de Ruinart Blanc de Blanc et le XO de fin de repas, j’avais eu mon compte ! ce jour là, il m’avait proposé une affaire…L’affaire en quelque sorte. Un truc facile avec des gens moins faciles pour le coup. Je n'avais encore jamais traité avec des putains de yougos. Sont pas nets ces gens là si ?! Y’en avait un avec un nom imprononçable si on n’a pas un fusil planté entre les incisives et qui avait un œil terrifiant. Il avait la tronche qu’on voit dans les reportages. Ses copains racontaient qu’il avait découpé son aînée en tranche un soir où il était fait comme un St Marcelin affiné de la Mère Richard. Il fallait simplement qu’on braque un mec et qu’on lui pique la marchandise. Un basque d’ailleurs. Les yougos ils l’ont d’ailleurs fumé comme un jambon de Bayonne le basque. Je ne vous raconte pas les représailles. Des basques remontés comme des pendules suisses contre des yougo défoncés à la Vodka et à la coke…le tout avec l’artillerie digne d’un bon John Woo, j’étais bien content de m’être barré comme un chacal ce soir là tiens. Le seul pauvre yougo qui tenait encore debout a pris 12 ans…Ce truc là de toute façon c’était un traquenard, je ne l’ai compris que bien trop tard. Je commençais à prendre un peu d’ampleur, il a voulu m’écarter comme les cuisses de ses putains dans ses hôtels merdiques. Heureusement, j’étais à la colle avec une des nanas qui s’occupait de l’enquête. Mon père me disait tout le temps : « Si tu veux baiser, baise une juge ou une flic… »…Pas con le vieux. Faut toujours un peu écouter son père même si ses sermons s’effectuent dans une cave et qu’il est entouré de deux travelos déguisés en Vaches à traire…Il a pris la première rue à gauche. Pas de chance pour lui, les autres rues auraient été trop dangereuses…pour moi, pas pour lui…Quand c’est la première fois, on est rarement original. La première fois que j’ai limé, je n’ai pas pratiqué « la brouette jamaïcaine » à ma connaissance ! J’ai sorti mon couteau et lui est asséné une bonne dizaine de coups…J’ai remis l’arme dans ma poche et suis parti en courant. C’était il y a 5 ans et contrairement aux films américains, je n’ai pas vomi derrière, je suis même allé me faire un plateau de sushis. Aujourd’hui c’est moi qui attends les morues dans les halls de palace…je ne porte pas encore de casquette. Ça viendra. Tout arrive si vite de nos jours ! »

Commentaires

le jour ou vous porterais la casquette ne vous aventurez pas dans les rues sombres en courbant le dos, autrement c'est moi qui prendrais votre place et moi je n'aime pas le beret.

Ecrit par : laure69 | 20.02.2010

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